Avant toute chose, je tenais à vous remercier {une fois n'est pas coutume} pour votre soutien, votre gentillesse et vos gentils petits commentaires. Vraiment, ça compte énormément pour moi. L'anorexie, c'est pas forcément quelque chose dont j'arrive à parler librement avec ma famille et mes amis les plus proches, alors ça fait du bien de pouvoir trouver un peu de réconfort sur la toile.
Je ne suis pas venue de la semaine, un peu perdue dans mes nombreuses réflexions. Sur mon dernier article, je vous affirmais ma volonté de guérir et mon envie de laisser toute cette merde derrière moi. De ce côté-là, ça n'a pas changé. L'anorexie a pris presque deux années de ma vie et je ne peux décemment pas la laisser continuer. Même si je l'ai probablement laissé s'installer un peu involontairement, j'ai très rapidement perdu le contrôle de la situation, jusqu'à m'interdire de boire de peur de voir mon poids fluctuer sur la balance =/
J'ai donc pris une semaine "sabbatique" pour réfléchir. Evidemment, mon entourage a fini par s'inquiéter. Mon oncle A, parti en vacances, a eu le plaisir de retrouver des messages alarmés de mon école à son retour.
Nous avons eu une longue discussion téléphonique, lui et moi. J'ai enfin compris que tout cela le faisait terriblement souffrir. Il a mal de me voir mourir à petit feu et de ne pouvoir rien y faire. C'est vrai qu'on ne soigne pas les Tcas à coup d'antibiotiques, ce serait trop facile. Il faut que le malade (oui, je le répète haut et fort, l'anorexie et la boulimie sont de graves maladies qui peuvent conduire à la mort) accepte de laisser derrière lui ce qui l'a plongé dans les troubles alimentaires en premier lieu. Ce n'est pas facile. Je ne sais même pas si ça a un quelconque rapport avec ce que les autres appellent la fameuse "volonté". Si c'était tellement évident, si cela ne tenait qu'à nous, je doute qu'il y ait beaucoup de Tcaiennes de par le monde !
Bref, mon oncle A m'a décroché un rendez-vous chez le psychiatre qui me suivait à la Ramée. D'après ce qu'il m'a dit, ça n'a pas du tout été une surprise pour ce cher docteur. Il savait que je buvais pour trafiquer mes pesées, il savait que je sortais pour mieux replonger et que j'étais très loin d'être guérie. Seulement, et c'est là que j'apprécie le plus cet homme, c'est qu'il avait compris, après quelques dizaines d'années de pratique, qu'on ne guérit pas une anorexique qui ne veut pas en faire la démarche. Me garder à la Ramée alors que je n'y étais pas pour les bonnes raisons ne servait strictement à rien, si ce n'était à me braquer encore plus. Il m'avait donc laissé sortir en me précisant au passage que la porte de la clinique restait ouverte au cas où.
Je suis allée le voir hier soir, en consultation externe. Nous avons parlé près d'une heure et il m'a demandé ce que je souhaitais faire, maintenant que j'étais, selon ses dires, tombée aussi bas.
Je lui ai expliqué que je ne souhaitais pas me faire réhospitaliser si je pouvais encore l'éviter. Je voulais m'en sortir, mais par mes propres moyens. Il a donc accepté de me laisser une dernière chance. Les cartes sont dans mes mains.
Nous nous revoyons le 26 novembre. Si d'ici là, je n'ai pas repris un peu de poids, si mon état physique et mental ne s'est pas amélioré, alors il me mettre sur la liste d'attente de l'hôpital. Il ne sait pas si je ne suis pas déjà trop loin que pour m'en sortir seule, mais enfin, il veut me faire confiance. Au passage, il m'a descolarisée jusqu'en janvier.
Je suis vraiment motivée pour m'en sortir, les puces. Ca ne va pas être facile, j'en suis tout à fait consciente, mais je veux tenter le tout pour le tout. Je veux reprendre l'école après les vacances de Noël. Je veux pouvoir remanger avec mes amis, m'acheter un paquet de frites sans culpabiliser par après, m'acheter des petits Jésus en sucre sans psychoter sur le nombre de calories, me prendre un chocolat chaud si ça me fait plaisir.
Ce soir, repas prévu avec mon parrain et ma marraine du Rotary. Premier petit challenge. Ils sont au courant de la situation et m'ont bien dit que je n'étais pas obligé de manger si je n'en avais pas envie. Et bien, je vais les étonner. Pour une fois, je veux avoir faim.
Je vous fais plein de gros bisous les filles, je passe sur vos blogs now ^^




