Avant toute chose, je tenais à souhaiter un très joyeux anniversaire à mon amie Alysson [et oui maintenant que je suis dans une optique de guérison totale, je peux me permettre de mettre des prénoms et peut-être même des photos, c'est-y pas génial xD ?] et beaucoup de bonheur, de réussites et de cadeaux pour ses 19 ans !
Arf quand j'y pense, tout cela ne nous rajeunit pas ! Je suis à présent plus âgée que ma mère lorsqu'elle m'a eue [à 17 ans et demi, pour les curieuses ^^']
Ça fait quand même bizarre, dans un sens. Et pour tout vous dire, j'ai même du mal à me rappeler de ce que j'ai fait pour mes 17 ans... voyons, j'étais déjà plongée dans les Troubles Alimentaires... je redoublais ma première après avoir lamentablement lâché les cours... je pesais quelque chose comme 60 kilos pour mon mètre 70 [J'avais déjà perdu 8 kilos mais cela ne choquait pas puisque c'était sur du long terme --> Thanks Hyperphagie de mes deux], il m'arrivait encore de manger plus ou moins normalement pour les grandes occasions, j'étais pas vraiment malheureuse, pas heureuse non plus, je plongeais petit à petit dans la restriction totale...
Et je m'étais enfilée un paquet de Chips aux Pickles pour célébrer dignement mes 17 ans.
Vive le programme !
Remarquez que mon 18 ème anniversaire ne s'était pas beaucoup mieux passé puisque j'étais à cette époque enfermée à l'hosto, que j'étais dans un état physique et mental encore bien plus grave qu'à mon arrivée en juillet et que je n'avais qu'une seule envie --> Sortir de là pour pouvoir remaigrir.
Je pesais 47,5 kilos, toujours pour mon mètre 70. Je suis allée au restau grec avec Alain et Marja [Alain c'est mon fameux oncle A mais au diable l'anonymat, vu ce que ça m'a apporté par le passé xD et M sa femme, my new auntie [mariés depuis le 29/02/2008] et je crevais tellement de froid que je n'avais même pas été capable d'enlever ma veste [How pathetic is that ??] et j'avais pleuré toutes les larmes de mon corps lorsque j'avais dû retourner à l'hôpital.
D'ailleurs c'est bien simple --> Le lendemain matin première heure, toute fière que j'étais de cette majorité enfin officielle xD, je me suis empressée de signifier au docteur Passelecq que j'en avais ma claque de son service et que je me barrais.
Petite précision : la Ramée me croyait à mon poids final de 51 kilos. La vérité était que je n'avais en fait pas pris un gramme. Le matin de mon départ, je m'étais enfilée 4 litres d'eau pour arriver au compte =/
Quand j'y repense...
Je crois que j'ai tenu une petite semaine une alimentation normale. Par après, je me suis complètement laissée couler. Je suis descendue jusqu'à 42,9 kilos avant de réaliser qu'il n'y avait que deux choix qui s'offraient à moi : crever ou guérir.
Je ne veux pas vous sembler crue dans mes mots, mais arrive un moment dans l'anorexie où c'est véritablement ça. On ne parle même plus de s'éteindre ou tout simplement de mourir, non. C'est un processus de lente et douloureuse destruction qui s'installe : on perd ses cheveux, on a froid, on pleure, la peau s'assèche, le c½ur ne suit plus, on devient hideuse, 'fin bref, ce n'est pas du tout une cure de jouvence...
Je ne vais pas vous mentir : c'est vrai que parfois, je pense à cette période avec mélancolie. Ce temps où je détestais la bouffe à un tel point que je ne pouvais que mépriser ceux qui s'en servaient pour vivre. Même si ce n'est qu'un leurre, je me sentais forte, j'avais véritablement l'impression de contrôler quelque chose.
Mais le constat était très clair : je n'étais pas heureuse pour autant. Allez si, peut-être le matin, l'espace de quelques secondes lorsque le chiffre s'affichait sur la balance. Je l'avoue, ça, c'était véritablement jouissif.
Cela dit, je l'avoue, je ne veux pas revenir en arrière. Plus jamais. Tant de souffrances pour quelques secondes de plaisir, ça ne vaut pas le coup. Maintenant je ne me sens peut-être plus supérieure aux autres, c'est vrai, mais je suis heureuse. Je mange, je vis, je suis redevenue celle que j'étais avant que tout ça n'arrive.
Et c'est vrai que bon... d'accord, ce matin j'ai eu du mal. Parce que j'avais l'impression que mon slim taille 32 me serrait un peu. Parce que au pire de l'ano, je l'enfilais sans ouvrir de boutons et que maintenant, c'est un peu plus difficile.
Engueulez-moi les filles, je le mérite. Parfois je me dis que je suis vraiment trop conne =/
Je ne replonge pas, bien sûr, loin de là. Je continue à me battre contre cette saloperie de maladie. Je ne veux plus faire marche arrière. J'ai repris trop goût à la nourriture pour ça. J'ai encore du poids à reprendre, pour arriver à un IMC convenable et minimum et pour retrouver mes règles aussi.
Alors :
A Bas L'Anorexie Et Oui A La Vie !
Bisous à toutes <3
